Témoignage

DEMAIN JE POURRAI CHOISIR D’HABITER AVEC VOUS

Une aide à la vie partagée, une offre de logements adaptés au cœur de la cité. Voilà ce que propose entre autres le rapport « Demain je pourrai choisir d’habiter avec vous» sur l’habitat inclusif remis fin juin 2020 au gouvernement. Interview de Jacques Wolfrom, directeur général d’Arcade, bailleur social, corapporteur du rapport, avec Denis Piveteau, président de la Fédération Simon de Cyrène.

La mission qui vous a été confiée par le gouvernement a abouti à un rapport sur l’Habitat accompagné, partagé et inséré (API) remis fin juin. Que préconise-t-il?

Si l’on veut développer à grande échelle ce que nous avons appelé l’habitat « Accompagné, partagé et inséré » (API), il faut donner aux personnes les moyens de faire ce choix – et donc des moyens financiers à ceux qui en ont besoin. Nous proposons la création d’une aide spécifique, dite « aide à la vie partagée ».

Habitat « Accompagné, partagé et inséré » (API) Jacques Wolfrom et Denis Piveteau

Lorsque que plusieurs personnes décideraient de monter ensemble un projet d’habitat partagé – qui peut prendre des formes variées, colocations ou logements individuels, intégrant ou non des personnes valides, professionnelles ou non – chacune pourrait solliciter cette aide. L’aide, demandée de façon individuelle, serait versée à la personne morale qui porterait le projet, sans limite dans le temps, de façon à rendre le projet sécurisé et durable. Ce dispositif serait réversible et souple, tout en garantissant la pérennité du projet. Aujourd’hui il existe bien un forfait versé pour un projet d’habitat inclusif mais il ne dure que trois ans. Or, il faut aller au de-là pour que cela marche.

 

Et les autres dimensions du rapport ?

Une autre dimension clé du rapport est celle de la création d’une offre de logement adapté. Nous proposons des solutions pour prévoir et mettre à disposition des logements dans les logements sociaux existant, ou à venir, et ce, sur l’ensemble du pays. Ces projets d’habitats API trouveraient leur place au cœur des ensembles immobiliers et au cœur de la vie locale. Là encore, pour permettre à chacun de voir aboutir son projet, nous avons fait des propositions pour donner accès à chacun à un logement compatible avec ses ressources et à des services adaptés. Grâce notamment à un financement subventionné des espaces à usage collectif. Au total, nous portons douze propositions.

Avez-vous bon espoir que vos propositions aboutissent ?

Ces propositions ont été construites avec les associations et des groupes d’experts pour lever tous les freins identifiés. Nous avons donc l’espoir légitime d’embarquer le gouvernement avec nous, même si ce que nous demandons est ambitieux, à grande échelle. Notre rapport est très opérationnel, les propositions sont argumentées, fouillées et pour la plupart abouties.

Nous proposons un projet de société qui a du sens et nous semble essentiel : mettre la fragilité au cœur de la cité, permettre cette troisième voix, un choix complémentaire entre le « chez soi isolé » et les établissements spécialisés, les EPHAD dont on mesure aujourd’hui certaines limites. Nous sommes confortés dans nos convictions par des expériences comme celle de Simon de Cyrène, que nous avons visité à Rungis.

Nous avons discuté avec les résidents. Cela a été un moment fort. Nous avons été marqués de voir à quel point ils sont heureux car acteurs dans leur projet de vie partagé.

 

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