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Habitat partagé : 3 idées reçues sur le savoir-être à Simon de Cyrène

Loger et travailler sous le même toit : c’est le choix des salariés en habitat partagé de Simon de Cyrène. Chaque jour, ils partagent leur quotidien avec des personnes cérébrolésées, entre accompagnement et instants de vie. Un fonctionnement peu commun, autour duquel persistent des idées préconçues.

Au sortir d’une projection du film Les Habitants*, les exclamations fusent : « Mon Dieu ! Jamais je ne pourrais faire ce que les accompagnants de vie font ! C’est trop de dévouement. » ou encore « C’est admirable, mais les salariés doivent être vraiment habitués et très solide mentalement. » Quelques ajustements sont donc nécessaires pour répondre aux idées reçues sur l’habitat inclusif chez Simon de Cyrène.

Conseil de la maison Ohana à Dijon.
Conseil de la maison Ohana à Dijon.

Préjugé #1 : « Je ne saurais pas comment me comporter avec des personnes en situation de handicap »

Le monde du handicap est souvent marginalisé ou invisible, et donc inconnu du grand public. Un accompagnant de vie raconte : « Avant d’entrer dans l’univers de Simon de Cyrène, je n’étais pas du tout familier avec le handicap. J’avais donc cette crainte de ne pas savoir communiquer, qu’il y ait une différence de langage, de compréhension. Finalement, je trouve parfois chez les habitants une écoute hors du commun ; et souvent les mots ne sont pas essentiels, le regard suffit pour se comprendre et s’ajuster. »

Préjugé #2 : « Je n’aurai plus de vie privée »

En habitat partagé, il faut veiller à bien séparer le travail et le repos. Il est donc nécessaire de savoir se préserver, de trouver un équilibre. « En tant qu’ancienne Éducatrice Spécialisée, j’ai mis du temps à accepter mon poste de Responsable d’Habitat Partagé (RHaP) à Simon de Cyrène. Toujours devoir être sur place, sur son lieu de travail, c’est contraire à la distance professionnelle qu’on m’avait enseignée. J’avais peur de m’oublier, d’être noyée. » explique Fanette, de la communauté de Dijon. « Finalement, c’est justement pour cette culture du lien, vécue lors d’un premier repas avec les habitants, que j’ai voulu rester. Cependant il est très important pour moi de garder un sas entre ma vie pro et perso et de sortir des maisons. Pour cela, je prends du temps pour moi, je sors faire du sport, je vais voir mes amis à l’extérieur… ».

Fanette, Responsable d'Habitat Partagé de la maison Gaudia à Dijon.
Fanette, Responsable d’Habitat Partagé de la maison Gaudia à Dijon.

Pour ce qui est de l’entourage, l’accueil est le maître-mot de la communauté : « La famille, les amis, les couples, sont les bienvenus au sein des maisons, autour de la table ou dans les studios privés de chacun. Tous les salariés et habitants ont l’espace pour avoir une vie affective. » poursuit Fanette. Certains se rencontrent même au sein de leur expérience d’accompagnants, et décident de la vivre ensemble…

Préjugé #3 : « Je dois être très sociable et solide émotionnellement, tout partager sans filtres »

Si chaque colocataire possède son espace avec un studio personnel équipé, qu’en est-il de la charge émotionnelle ? «Même si l’on partage notre quotidien, il faut tout de même rester vigilant à ne pas communiquer tout ce qui nous traverse. Etant face à des personnes qui vivent dans la difficulté constante, il faut éviter de leur communiquer de la négativité ou de la colère. Il y a tout de même une frontière psychologique à maintenir. » raconte Fanette. « Les habitants sont des éponges à émotions, il est donc préférable de ne pas se livrer entièrement.»

« L’humour et l’autodérision sont régulièrement utilisés dans nos communautés. », sourit Gabriel, ancien directeur de la communauté d’Angers. « Comme on vit avec des accidentés de la vie, on pourrait croire à une ambiance lourde et pesante. Alors que je n’ai jamais pu rire autant qu’aux côtés des habitants. La joie est très souvent présente. »

* Film documentaire réalisé par Louis-Julien Petit et produit par J2F et  CANAL+, disponible en streaming sur la plateforme de la chaîne.

Chloé et Adrien, habitants de la maison Ohana de Dijon.
Chloé et Adrien, habitants de la maison Ohana de Dijon.

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