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Accompagnants de vie : Pourquoi vivre sur son lieu de travail?

38 maisons. Une même expérience : la colocation d’accompagnants de vie avec les personnes cérébrolésées qu’ils soutiennent. C’est l’aventure inédite que propose l’association Simon de Cyrène depuis 2009. Mais pourquoi faire de son travail son lieu de vie ?

« Tu peux m’aider Noémie s’il te plait ? », Nathalie déambule dans le salon, les cheveux trempés et embaumés de champoing. Alors que la cuisson du gâteau diffuse son odeur dans la maison Gaudia de Dijon, Noémie, accompagnante de vie, branche le sèche-cheveux. Ce matin, tous les habitants s’activent : Sarah enfile des chaussettes roses aux pieds d’Amélia, Quentin aide Xavier à se raser… Chez Simon de Cyrène, l’accompagnement de vie prend une forme toute particulière : il s’agit d’habiter au quotidien avec des personnes cérébrolésées.

Répondre à un besoin de relation

« Plus que le handicap, c’est la solitude qui me pèse ». Le modèle de la vie partagée est né de ce besoin : une présence qui assure une amitié pour la personne fragilisée par le handicap. « Ce qu’on offre dans ces maisons, c’est l’opportunité de créer du lien, de bâtir des relations par la vie communautaire » dit Gabriel, ancien directeur de communauté.  « Celui qui vient à Simon de Cyrène va beaucoup donner mais aussi énormément recevoir. »

Noémie, accompagnante de vie, sèche les cheveux de Nathalie dans la maison Gaudia de Dijon.
Noémie, accompagnante de vie, sèche les cheveux de Nathalie dans la maison Gaudia de Dijon.

C’est ce que partage Camille, accompagnante de vie : « Je traversais un moment difficile dans ma vie personnelle et une habitante l’a senti : sans dire quoi que ce soit, elle est venue me tenir la main et elle est restée vingt bonnes minutes avec moi, pour moi, et ça m’a beaucoup touché. Une complicité se tisse entre nous depuis ce jour. » Noémie, accompagnante : « C’est vraiment une approche intéressante du handicap si l’on veut travailler dans le social. En immersion totale avec lui, je le découvre en profondeur et je peux vraiment connaitre les besoins spécifiques des habitants. Contrairement à des établissements plus grands comme les EHPADs, où l’on peut être chronométré pour donner les douches à des résidents plus nombreux. » Cette connexion à Simon de Cyrène est une source inépuisable de rencontres, car au-delà des habitants, c’est tout un réseau qui s’ouvre aux colocataires : les adhérents des activités, les bénévoles, les collègues, les familles…

Trouver un cadre de vie pour s’épanouir

Exister au rythme de personnes cérébrolésées est source de richesse, qu’importe son parcours professionnel. Pour des travailleurs du domaine social, c’est redécouvrir leur métier par la cohabitation. Et pour ceux qui cherchent à se réorienter, c’est un nouveau modèle de vie. Savoir respecter des horaires, préparer des repas, aider quelqu’un à se lever, se coucher, s’habiller. Toutes les nouvelles recrues sont formées à l’accompagnement sur place et peuvent même décider de prolonger leur apprentissage en alternance. L’avantage logistique n’est pas des moindres : « C’est très pratique, ajoute Noémie en souriant, quand son trajet pour aller au travail c’est un saut de son lit et non un long trajet de transports en commun. » C’est sans compter les moments d’exception : « Pour les vacances des habitants à Cuers, on avait cette impression d’être en famille, nous les accompagnions avec plaisir, oubliant presque que c’était notre travail. »

Ils sont devenus ma famille. Ils m’ont appris la bienveillance et m’apportent beaucoup de joie.

 

Grandir de l’intérieur

Ce travail est nourrissant dans tous les sens du terme : il fait vivre matériellement bien sûr, mais il fait surtout grandir en humanité. « Donner du temps, de l’aide et de sa personne à quelqu’un dans la fragilité c’est, enfin, sentir un sens à sa vie. Qu’importe nos convictions, lorsqu’on entre dans une maison de Simon de Cyrène, on ouvre la porte à la fraternité » ajoute Gabriel. « Être auprès de personnes qui ont autant souffert mais sont autant dans la joie, ça donne de sacrées leçons de vie. Après ça, on ne peut plus être négatif » dit Nathalien de Gaudia. « Ils sont devenus ma famille. Ils m’ont appris la bienveillance et m’apportent beaucoup de joie. »

Sarah, accompagnante de vie dans la maison Gaudia de Dijon, aide Amélia à se chausser.
Sarah, accompagnante de vie dans la maison Gaudia de Dijon, aide Amélia à se chausser.

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