Témoignage

Colocataire en habitat inclusif : Sédécia raconte

Sédécia est une Responsable d’Habitat Partagé (RHaP) de Simon de Cyrène à Rungis. Avec ses six habitants en situation de handicap et quatre accompagnants, ils forment un cocon chaleureux du nom de Teranga. Voici son témoignage, celui d’une femme qui vivait de la vente, pour basculer dans l’humain.

Pourquoi as-tu choisi Simon de Cyrène ?

Rien ne me prédestinait à ce que je suis aujourd’hui. Je travaillais dans la vente de cosmétiques, un monde de performance et de métro-boulot-dodo. Puis un jour, je me suis mise en quête de sens dans mon quotidien, et je me suis réorientée. J’ai d’abord été bénévole au sein d’une association accompagnant des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. Ensuite, je me suis orientée vers une Maison d’Accueil Spécialisée (MAS), un établissement médico-social qui accueille des personnes en situation de handicap. « Fortement » dépendants, ces hommes et ces femmes demandent une assistance constante pour chaque geste de la vie courante. Cela m’a fait grandir en compétences et obtenir mon diplôme d’AES (Accompagnante Educative et Sociale).

Après trois ans de travail pour l’Ordre de Malte, le sens était là, mais il me manquait un aspect plutôt rare dans les structures sociales : le vivre ensemble. Ne plus délimiter ma mission à des « patients » et des lieux, mais plonger au cœur de la fragilité, en faire mon quotidien. Je suis donc RhaP à Simon de Cyrène depuis février 2026, après un an comme accompagnante de vie dans la maison Teranga à Rungis.

Maya et Guillaume habitant à Teranga de Rungis
Maya et Guillaume, habitants à Teranga de Rungis

Vivre sur son lieu de travail : comment ça se passe dans une maison partagée ?

Partager un espace, des ressources et des objectifs communs, c’est ce que je recherchais. Ce métier, je le vis comme une vocation. Je crois que quand on embrasse ce métier-là, il faut l’embrasser complètement si l’on veut en mesurer la pleine richesse. Certes, c’est un mode de vie exigeant. Il peut être fatigant, physiquement et émotionnellement. Pourtant, j’estime qu’il y a plus d’avantages à travailler au sein d’une maison partagée que dans le monde extérieur. Vivre en communauté est un défi de chaque jour, mais on grandit humainement tellement rapidement.

J’aime utiliser cette image : « nous sommes comme deux diamants qui se polissent l’un l’autre ». Au quotidien, on se côtoie, on se heurte parfois, on se rabiboche ensemble. Et c’est précisément ce processus qui fait sortir le meilleur de chacun de nous. Vivre en communauté, n’est pas un obstacle à une vie privée. Je reste libre. Libre d’avoir une vie sociale en-dehors de la maison, d’avoir des passe-temps, des moments à l’écart. Et quand j’en ressens le besoin je retourne auprès de ceux que j’aime pour me ressourcer. Pour démarrer ou redémarrer dans la vie, je suis convaincu que Simon de Cyrène est une opportunité de gagner en expérience, en maturité, et surtout, en humanité.

 

Nous sommes comme deux diamants qui se polissent l’un l’autre.

 

Qu’est-ce que la cohabitation avec des personnes cérébrolésées t’apporte ?

Comme un miroir, cette expérience agit comme un révélateur de ma propre sensibilité et humanité, en mettant en lumière des affinités relationnelles profondes avec les personnes en situation de handicap. Nous avons la même conception du relationnel. Ici, tout se vit dans la sincérité. Les désaccords sont exprimés ouvertement, puis sont souvent rapidement surmontés sans ressentiment. Les dynamiques relationnelles ordinaires sont souvent sujettes aux non-dits et aux rancœurs durables, instaurant parfois un climat de tensions. La vie avec des personnes cérébrolésées est bien plus facile pour moi, car on avance.

Sédécia Responsable de la maison Teranga à Rungis
Sédécia, Responsable de la maison Teranga à Rungis

Voir aussi

Restons en contact : inscrivez-vous à notre newsletter

Pour recevoir les dernières nouvelles de nos projets et activités.

    En cliquant sur "envoyer", vous acceptez de recevoir notre newsletter. Pour plus d'informations sur le traitement de vos données, cliquez ici.

    flèche en haut
    Menu